J'écoute : Cotton Eye Joe :D !!!
Je regarde : tant de choses...
Je lis : ce que j'écris
Je joue : à Guitar Hero 3
Je mange : très peu en ce moment
Je bois : beaucoup d'eau
Je cite : "Je veux que tu sois là et ne rien dire"
Je pense : à mon quotidien et ce que je peux en tirer
Je rêve : d'être tout à fait heureux
(mis à jour lundi 14 janvier 2008 à 22:04)

13/09/2005

13/09/05 - 21:20

Du haut de mon royaume



Un matin, lorsque les yeux ne supportaient plus mes paupières devenues légères comme le son sur une graine de tournesol, le dur soleil méridional fouettait déjà la région de ses rayons en fusion. Je me réveillai, alors en sueur, seule protection contre l’étouffante atmosphère. Je me levai, marchai vers le salon de mon ami. Sa mère était là, les cheveux attachés, prête à partir travailler. En me proposant un petit-déjeuner, j’acquiesçai, tout en m’intéressant à la diffuse clarté qui provenait du dehors. Du dedans, un courant d’air tiède pénétrait lentement. La fenêtre était ouverte, elle semblait appeler comme l’entrée d’une mine d’or. Du fond de la grotte, il n’y avait que brillance et désir.
Mais on pouvait apercevoir quelque verdure au loin, avec une couverture bleu azur, presque blanche, presque transparente, un drap de velours qui resplendit par un soleil irradiant. Je m’approche, les yeux maintenant grands ouverts, abrutis par la lumière environnante. J’étais intrigué, cependant pas apeuré, comme un chant de sirène. J’étais maintenant envoûté par ce bain de chaleur tendre, qui se faisait de plus en plus torride. Mes pieds déjà sont éclairés, et jusqu’aux mollets bientôt je sentais tout le poids de l’astre me peser et s’accrocher comme le ferait une plante grimpante. Quand la lumière dépassait la frontière de mon aine, puis de mon abdomen, et cela assez rapidement, je croyais fondre. Non plus par les radiations solaires, mais par un paysage dont la splendeur accroissait au fur et à mesure que la chaleur m’enveloppait. Quand tout mon corps s’illuminait comme d’une source à l’intérieur de mes viscères, je pouvais poser mes mains sur la balustrade du petit balcon, au troisième étage d’un immeuble, au sommet d’un plateau qui donnait sur des champs à perte de vue, presque grillés et une forêt fantôme, brûlée il y a un an.
La ville était à mes pieds, je la possédais par mon regard et entendais ce qui s’y passait. J’écoutais les grillons et les oiseaux quémandant de l’eau, les enfants qui criaient et des chiens qui aboyaient en tout point de la ville. Je restais là. Je restais ébloui par un soleil ravageur et une vue qui lui ressemblait. La beauté et l’ardeur unies me donnaient des vertiges du haut de mon royaume réduit. Pendant quelques moments, il m’arrive d’être un roi et un poète, un empereur et un esthète, être glorieux face à la harmonie d’une nature qui se prête, malgré la loi divine du Feu Sacré qui condamne la vie de ses flammes vengeresses qui ne sait les maîtriser ou les oublier.

13/09/05 - 21:00

Amalgame des espèces naturelles

Voici la manière littéraire avec laquelle vous pourrez imaginer le sentiment de souffrance, à quitter la terre natale, le milieu naturel de mon existence, à quel point s'en séparer est symbole de mort. Voici le destin de mon enfance. De toute manière, toutes les bonnes choses ont une fin.

En passant à travers les arbres qui filtraient plus ou moins la lumière, il s'imprégnait de la fraîcheur du mois d'avril, encore tremblant sous un soleil blanc, aveuglant et froid. Numéro n°1 se plaisait, solitaire, à serpenter entre les troncs frémissants et à se couvrir des souffles satinés du vent. Il aimait aussi extirper la première feuille du bel arbrisseau charnu à l'orée du bois, comme une marque de son appartenance. Mais cette fois-ci, l'arbuste n'avait plus de feuilles, vertes en cette époque d'humidité. Et certaines cimes autrefois luxuriantes de vie se retrouvaient nues, comme un enchevêtrement de vaisseaux sanguins desséchés. Lorsqu'il arrivait dans la clairière où il avait l'habitude de fredonner, Numéro n°1 vit devant lui, à quelques mètres, un amas de feuilles d'un vert encore vivace. Quand il s'approcha, l'amoncellement formait un grand cercle, cinq ou six mètres de diamètre.
Un enfant de sept ans environ en son centre.
Il avait l'air de dormir comme dormirait un faon au creux du ventre de sa mère. Et, au sein de ce berceau chaud, il n'avait crainte d'aucun danger. Il dormait, une main sur le cou, en fœtus. Il avait la peau brunie, tendre à la vue ; il était nu comme un ver et ne semblait pas tenaillé par la douceur printanière. Il vivait au beau milieu de l'inconscience. Supporté par ce matelas de feuillage, il faisait penser à un fruit naissant, illuminé par le soleil qui rendait sa couleur éclatante.
Cependant, Numéro n°1, trouvant le spectacle plus étonnant qu'émerveillant, se demandait d'où venait ce garçon sans habits, au centre d'une forêt déserte, endormi sur un tas de feuilles. Il ne paraissait pas étique ni même triste. Il avait d'autant plus un visage radieux qui rappelait les visages heureux de l'innocence enfantine.
Numéro n°1 réfléchissait alors sur ses actes. Il fallait qu'il signale de toute façon la présence de l'enfant qui aurait pu paraître abandonné s'il n'y avait pas eu cette voûte de feuilles sur laquelle il sommeillait profondément. D'un pas hésitant, Numéro n°1 marcha sur le lit de nature et s'approcha de l'enfant. Il s'agenouilla devant le petit et remarqua maintenant son extrême beauté, la délicatesse de ses traits. En tâtant son pouls, son cœur battait lentement, comme tout cœur assoupi.
Numéro n°1 décida alors de soulever le petit homme qui ne quitta pas le monde des rêves et sortit de la forêt, supportant le frêle poids de l'enfant dans ses bras. Il s'attendrissait devant cette trouvaille bien inattendue. Revenant au village, il se rendit à l'hôpital. Il appela une infirmière. Elle nota sa froideur. Son visage avait perdu sa clarté originelle.
- Il n'a plus de pouls! s'écria alors l'infirmière.
Personne n'a pu ranimer la sève du fruit décroché de son arbre, le flux de la nature qui nourrissait les sages pensées d'un être qui ne souhaitait que la seule liberté de vivre.
L'année qui suivit, Numéro n°1 voulut laisser la première feuille de l'arbrisseau, à l'orée du bois, pousser et mourir comme à chaque venue de l'automne, selon les lois des saisons.